Axel Gallian, cofondateur de WePulsit
9 août 2017

Quel avenir pour les drones ? L’avis de WePulsit !

Alors que le marché des drones devrait atteindre 6 milliards de dollars en 2017, les perspectives à l’horizon 2020 du cabinet Gartner, font état d’un marché atteignant 11,2 milliards de dollars. Il est temps de faire un point sur ce pan de l’IoT en pleine évolution. Axel Gallian, cofondateur de WePulsit, startup incubée à l’Ecole Polytechnique et accompagnée par la Cité de l’Objet Connecté, nous éclaire en tant qu’expert du secteur.

Pulsit, le gant intelligent

Inventeur depuis toujours, fasciné par l’aéromodélisme, Axel a vu dans l’explosion du marché des drones, l’opportunité de mêler ses deux passions.

Ce maker dans l’âme conçoit dès son plus jeune âge des objets connectés. Il gagne d’ailleurs le concours de Science & Vie Junior à 12 ans. A la suite d’un parcours des plus prometteurs : prépa, école d’ingénieur à Supélec Rennes, il est sélectionné à l’Xup, l’accélérateur et incubateur de Polytechnique pour se lancer en tant qu’entrepreneur dès sa sortie d’étude.

« L’idée d’un gant qui pouvait contrôler un drone m’est venue. en voyant tous les “crashs” des débutants en drone, ils n’arrivaient pas à coordonner leurs mouvements avec la radiocommande. »

Axel Galliant et son gant de contrôle de drones "Pulsit" à la Cité de l'Objet Connecté

Désormais associé à Bernard Prost, co-fondateur de la société, ils conçoivent des équipements intelligents pour drones. Le premier produit conçu, nommé « Pulsit » permet de piloter n’importe quel drone de manière intuitive et immersive, directement avec les mouvements de la main : en l’inclinant à droite, le drone vole à droite, en avant, il s’éloigne, etc.

« Vous avez la possibilité de contrôler un drone en un temps record directement avec votre main et avec des sensations bien plus immersives et incroyables qu’avec une simple manette », explique Axel avec enthousiasme.

Aujourd’hui, en version bêta, We Pulsit est en cours de levée de fonds. Elle se déroulera en deux phases : une première qui permettra de terminer l’industrialisation du gant Pulsit et une seconde, en janvier 2018, pour lancer leur prochaine innovation.

Axel Gallian, cofondateur de WePulsit

Philippe Ménard, Directeur de la Cité de l’Objet Connecté et Axel Gallian, Cofondateur de WePulsit

« La Cité de l’Objet Connecté a joué un rôle important car nous étions à la recherche d’un partenaire capable d’assembler le produit fini rapidement. C’est dans un premier temps ce qui nous a convaincu. Puis, il s’avère que leur périmètre d’accompagnement est large ; nous avons pu produire des pièces, bénéficier de leur expertise sur l’électronique, procéder à des tests et  bénéficier de leur écosystème. Philippe et toute l’équipe, nous ont apporté une aide précieuse sur la partie intégration. L’accompagnement nous a d’ailleurs permis de réaliser une première série de 10 produits très rapidement, à un coût raisonnable. »

Deux marchés en un

En matière de drones, il est donc important de distinguer deux sous-ensembles dont les trajectoires divergent.

Si le marché du drone de loisir a explosé en 2016 avec une croissance de 31%, l’usage limité, se cantonnant à faire de belles images, et la concurrence chinoise qui a cassé les prix, a coupé court à cette progression ! Au final, « il reste à trouver un usage vraiment disruptif », prône le site Internet The Verge.

Si les ventes de drones de loisir dépassent actuellement les appareils à vocation professionnelle, ces derniers devraient dès la fin de l’année battre largement en valeur les premiers : 3,7 milliards d’euros contre 2,4 milliards, toujours selon Gartner. Et cette tendance devrait se poursuivre et s’amplifier, à mesure que les applications professionnelles vont se développer.

La version 1 du gant “Pulsit” qui vient d’être assemblée à la Cité de l’Objet Connecté (déjà vendu à 5 exemplaires) suit cet tendance et vise, dans un premier temps, exclusivement le marché B2B (marché des professionnels).

« Nous nous focalisons sur des actions ciblées comme la formation au drone qui recherche une facilité de prise en main, et le marché des interventions comme les militaires, pompiers ou policiers”, précise Axel. »

Le gant intelligent "Pulsit" qui permet de contrôler des drones

La machine au service de l’homme ?

« On est bien conscients que Pulsit n’est pas adapté pour tous les vols autonomes qui transportent des colis, surveillent ou diffusent des engrais sur des champs. On parle ici de drones pré-planifiés. »

Si nous commençons à nous faire à l’idée que les drones autonomes sont déjà en pleine expansion, qu’ils livreront bientôt nos pizzas et baliseront des zones de sécurité, le contrôle humain reste nécessaire dans certaines situations non programmables. Et si l’accessibilité et le fun procurés par le gant connecté donnaient également une nouvelle jeunesse au marché du drone de loisir ? Le succès des courses de drones ou (FPV racing) nous montre que le côté ludique de l’activité à encore de l’avenir !

« Ma principale motivation dans cette aventure c’est de pouvoir donner du fun aux gens. L’effet “Wowet le côté addictif que procure l’utilisation de Pulsit sont géniaux à voir ! Notre vision, c’est de rester dans les équipements intelligents. Ça ne sera pas forcément uniquement pour les drones, mais sûrement vers la robotique quitte à ajouter du machine learning. Je ne peux pour l’instant pas en dire plus… »

Dans l’immédiat, Axel et Pulsit seront présents les 21 et 22 septembre au salon Drone Berlin et au Drone Day à Bruxelles en mars 2018.