Angers French Tech
4 septembre 2018

L’écosystème angevin autour de la coopérative Angers French Tech

Faire d’Angers la prochaine référence mondiale de la production IoT : voilà l’ambition que porte tout l’écosystème angevin de l’Internet des Objets à travers le label French Tech. Et pour mieux réunir les énergies du territoire dans une vision commune du développement du numérique et se doter d’une visibilité collective à l’international, Angers French Tech s’est constitué, depuis février 2018, en une entreprise coopérative.

Quelles actions sont menées ? Comment devenir coopérateur ? Six mois après le lancement de cette nouvelle structure, la Cité de l’Objet Connecté a rencontré Yannick Bourdin, directeur général d’Angers French Tech.

  • Cité de l’Objet Connecté : Bonjour, Yannick , peux-tu présenter ton parcours ?

Yannick Bourdin : J’ai un parcours de 25 ans dans l’industrie électronique, aussi bien pour de grands groupes internationaux que pour des ETI locales. J’ai eu la chance d’occuper des fonctions à responsabilité dans la production, la qualité, le management de projet, la direction industrielle ou le marketing produit. C’est lors de la phase de préparation du WEF – World Electronics Forum – que j’ai rencontré l’équipe Angers French Tech qui cherchait à cette époque à créer une nouvelle dynamique sur le territoire.

  • Cité : Angers French Tech est un label un peu particulier, peux-tu nous expliquer comment il est né ?

YB : C’est à partir de 2015 que le projet a commencé à prendre forme. Les acteurs de l’écosystème cherchaient à se positionner dans la dynamique de la French Tech, mais les critères de la labellisation ne correspondaient pas. En effet, il n’existait alors que la labellisation des métropoles French Tech. Néanmoins, l’équipe locale a décidé de poser une candidature et de l’étayer. Un vrai travail de lobby qui mènera le président de la République François Hollande à labelliser la ville lors de son discours inaugural de la Cité de l’Objet Connecté, reconnaissant l’écosystème et les atouts du territoire sur la thématique IoT et manufacturing.

Dans le sillage de cette décision un peu hors-norme sont apparus les réseaux thématiques : des labellisations de territoires français ne répondant pas totalement aux critères de métropoles, mais ayant suffisamment d’atouts sur des thématiques précises pour recevoir une labellisation. Et pour la ville d’Angers, c’est “ IoT & Manufacturing ”. Cela fait sens tant l’histoire angevine est traversée par une industrie florissante dans les années 70 avec, notamment, deux grands acteurs que sont Thomson et Bull. Ces moteurs de l’électronique ont permis la création d’un bassin de compétences et d’activités remarquable.

En somme, nous avions là le terreau indispensable pour le développement des projets IoT grâce à notre expertise électronique et software. En effet, lorsqu’on regarde précisément les ingrédients nécessaires à un programme IoT & Manufacturing, il faut agréger aussi bien du hardware, du logiciel embarqué, de la stratégie de connectivité, de la stratégie de gestion des données, de la stratégie d’élaboration d’un service à partir des données. Ce sont là toutes les composantes d’une chaîne de services IoT, ce qui nous emmène dans de la Big Data, de l’intelligence artificielle ou encore du logiciel embarqué.

Pour réunir tout cet écosystème, et prendre le relai de la collectivité qui avait porté la dynamique, il fallait nous doter d’une structure permettant de fédérer et de faire rayonner les atouts de territoire. Nous avons donc travaillé dans ce sens avec Michel Perrinet, délégué territorial Angers French Tech, sur le concept de la coopérative que nous avons proposé à différents acteurs de l’écosystème. Ceux-ci lui ont réservé un accueil plus que bienveillant nous encourageant à immatriculer la coopérative le 28 février 2018.

  • Cité : Qu’est-ce qui vous a conduit à choisir cette structuration en coopérative ?

YB : L’aspect particulier de cette labellisation French Tech est qu’elle est attribuée à un écosystème. Mais quelle est l’incarnation d’un écosystème ? Personne ne sait vraiment ce qu’est un écosystème ! Ce n’est pas une association, ce n’est pas un club, c’est une mobilisation, sur la base du volontariat, de tous ceux qui souhaitent s’impliquer pour faire rayonner le territoire. La seule représentation se fait au travers du délégué territorial Angers French Tech, en la personne de Michel Perrinet.

Or, ces trois dernières années, il s’est passé beaucoup de choses : nous avons  accueilli le WEF et la Connected Week a donné un coup de projecteur notable sur le territoire angevin. C’est à la sortie de ces moments clés que les acteurs du bassin entrepreneurial ont souhaité se structurer et trouver un cadre leur permettant de revenir au sens même de la labellisation French Tech qui sera délivrée fin 2018 : une dynamique entrepreneuriale soutenue par les collectivités. Il nous a semblé naturel, pour réunir et fédérer cet écosystème, de lui donner une incarnation sous la forme de la coopérative avec une gouvernance collective dont la légitimité est toujours au coeur du débat.

  • Cité : Quels sont les territoires d’actions sur lesquels Angers French Tech intervient ?

YB : Les objets de la coopérative sont multiples. Notre mission première est d’animer le label French Tech sur le territoire, de faire la promotion de ce qui s’y passe, de ce qui y est discuté et des avancées de nos entreprises. Nous cherchons là à créer une communauté autour des activités de la Tech. Ceci amène à écrire une feuille de route, la plus pertinente possible vis-à-vis des attentes des coopérateurs.

Dès l’ouverture de la coopérative, plusieurs actions ont été posées :

  • La création d’un lieu unique, en centre-ville, permettant les rencontres, la formation et l’hébergement d’entreprises.
  • Un accompagnement des projets des sociétés qui font vivre l’innovation.
  • La promotion de l’écosystème à l’international à travers l’exploitation des liens tissés lors du WEF. Cette action vise à permettre aux entreprises locales de se déployer sur de nouveaux marchés à l’international. Nous souhaitons également accroître les échanges et les parcours d’acculturation pour les entreprises étrangères.
  • La réflexion commune sur les sujets liés à l’innovation et la technologie.
Equipe Angers French Tech

L’équipe de la Coopérative #AngersFrenchTech avec, de droite à gauche, Yannick Bourdin – Directeur Générale, Corine Busson-Benhammou – Directrice International et Communication, Michel Perrinet – Président, Lorène Sparaco – Chargée de communication et marketing et Relations Internationales

  • Cité : L’un des sujets les plus attendus par nos lecteurs est justement le programme d’accélération, de quoi s’agira-t-il ?

YB : Pour construire son programme d’accompagnement, Angers French Tech a fait l’inventaire des projets et des acteurs experts afin d’identifier l’existant et les besoins. La Cité de l’Objet Connecté, par exemple, est un acteur incontournable dans l’accompagnement et l’accélération industrielle. Notre idée est essentiellement de venir compléter les programmes existants, tels qu’un programme d’accompagnement pour la recherche de financement.

Dès début 2019, nous mettrons en oeuvre des promotions de porteurs de projet dans une logique de “franchissement sous tension d’étapes clés” de leur programme.

Nous ouvrirons ce type de programme à tout le monde, même aux entreprises étrangères. La seule différence se fera sur l’activation des modalités d’accompagnement notamment pour l’aspect financement.

  • Cité : Angers French Tech compte aujourd’hui 80 coopérateurs, quel est le profil des coopérateurs et comment peut-on rejoindre la coopérative ?

YB : Rejoindre la coopérative, c’est réaliser une véritable souscription : chaque entreprise prend une part de capital. Quelle que soit sa contribution au capital, chaque coopérateur dispose d’une voix dans les prises de décisions. Nos coopérateurs ne sont pas uniquement issus d’Angers, la coopérative a su attirer des entreprises du grand-ouest : des directions régionales établies à Nantes par exemple, des entreprises immatriculées à Paris ou dans d’autres régions de France. Toutes ces entreprises ont un intérêt dans la focalisation de la chaîne de valeurs loT.

Ainsi se réunissent, au sein d’Angers French Tech, des entreprises qui apportent des briques de solution IoT mais également des entreprises qui s’intéressent à son usage et à ses fonctions. Elles sont aussi bien une activité significative sur le marché IoT ou peuvent s’interroger sur l’impact de l’émergence de solutions connectées dans leur business.

Mais la coopérative n’est pas uniquement un espace pour faire du business. La dimension réseau et la dynamique de territoire sont des opportunités pour monter des projets collaboratifs.