Femmes du Digital Ouest
2 octobre 2018

Femmes du Digital Ouest : à la conquête de plus de parité

Tout le sens de l’action de l’association Femmes du Digital Ouest pourrait partir d’un simple constat chiffré : d’après Syntec Numérique, moins de 30% de femmes exercent leur activité dans le secteur du digital. Elles sont d’ailleurs moins de 10% à occuper des métiers dits techniques.

Mais alors, doit-on supposer que Les Femmes du Digital Ouest a vocation à être un réseau uniquement féminin ? Bien au contraire, son leitmotiv principal est d’agir en faveur de la mixité dans le numérique, accompagnant les ambitions assumées de nos entreprises vers plus de parité. Comment cela se traduit-il ? Quels sont les adhérents de l’association ? Quel rôle joue le Prix Femmes du Digital Ouest, le concours annuel des talents du digital ? La Cité de l’Objet Connecté a rencontré Aurélie Beaupel, secrétaire générale de l’association.

La mixité dans le numérique, une opportunité pour le secteur

En amorçant sa troisième année, l’association s’était fixée un objectif quantitatif clair : doubler le nombre de ses adhérents. Et Aurélie Beaupel, secrétaire générale de l’association Femmes du Digital Ouest, avoue être satisfaite d’avoir atteint cet objectif dès la sortie de l’été 2018 : « cela traduit une chose, notre action fait écho dans toute la région ! »

En effet, les Femmes du Digital Ouest compte aujourd’hui une centaine d’adhérents, aussi bien des femmes que des hommes mais également des structures.

Bien que l’association soit née à Nantes en 2015, son intention a toujours été de rayonner sur l’ensemble des Pays de la Loire et de se développer en tant que premier réseau régional en faveur de la mixité dans le numérique. Elle compte des adhérents dans toute la région : à Nantes bien entendu, mais également à Angers, Laval, Saint-Nazaire et Le Mans. Et depuis cette année, l’association se déploie en Vendée avec la création d’antennes à La Roche-sur-Yon, Les Sables-d’Olonne et Luçon.

La raison de ce succès tient sans doute dans l’interrogation que peut encore susciter le clivage pour les métiers du numérique. Bien que le virage de la parité ait été entrepris dans de nombreux secteurs d’activité, il subsiste un certain a priori pour Aurélie Beaupel que Les Femmes du Digital Ouest entend faire tomber :

« Nous souhaitons montrer aux femmes qu’elles peuvent envisager une carrière dans tous les domaines du digital. Nous les accompagnons afin de leur permettre de se baigner plus facilement dans l’écosystème très diversifié du numérique. »

Photo Aurélie Beaupel - Femmes du Digital Ouest

Aurélie Beaupel, secrétaire générale de l’association Femmes du Digital Ouest

Sensibilisation et acculturation : une association active sur tous les terrains

Bien entendu, les adhérents rejoignent Les Femmes du Digital Ouest d’abord par appétence pour le numérique ! Mais cela ne concerne pas uniquement les femmes qui exercent une activité dans le digital. « Toute personne que le digital intéresse à toutes les raisons d‘adhérer ! Chaque adhérent permet de contribuer à notre mission soit parce qu’il dispose d’un parcours inspirant, soit parce que ses compétences permettent d’acculturer. Cela permet à chacun d’agir en faveur de la mixité dans le digital et de construire avec les générations à venir. »

Pourquoi les générations à venir ? Pour Les Femmes du Digital Ouest, c’est en sensibilisant les talents de demain que les freins seront levés, c’est en dévoilant des Rôles Modèles dans l’entrepreneuriat que l’ambition pourra se créer. L’association actionne ainsi 3 leviers pour porter sa mission :

  • La sensibilisation au numérique via des interventions dans des collèges, des lycées et des établissements d’études supérieures pour instaurer un débat sur la mixité dans le digital.
  • La mise en lumière de « rôles modèles entrepreneuriat », des femmes au parcours inspirants qui innovent dans le digital.
  • L’acculturation qui s’articule autour de la mise en place d’ateliers pour désacraliser les aspects techniques du digital. Ces ateliers s’appuient sur les compétences des adhérents de l’association.

Sommes-nous du digital lorsque l’on ne code pas ?

Une chose est sûre, pour l’association Femmes du Digital Ouest, être dans le digital ne se réduit aucunement à la maîtrise du C++ ou du Python.

« Dernièrement, nous avons mis en lumière  plusieurs profils de femmes reconverties dans le numérique » illustre Aurélie Beaupel, « L’une d’entre-elles nous a dévoilé son métier de chef de projet informatique. Elle ne sait pas coder, mais elle est la meilleure intermédiaire entre le client, qui définit son besoin et l’équipe de développement, qui va concevoir le soft ou l’application pour répondre au besoin. Lors de son recrutement, celle-ci ne pensait pas pouvoir remplir ce rôle. Elle identifie aujourd’hui clairement sa valeur ajoutée. Et c’est bien ça, les métiers du numérique ! À la fois des rôles qui peuvent être très techniques et des pilotes, de managers, qui permettent d’accorder plusieurs personnes afin qu’elles parlent le même langage. »

De la même manière, Les Femmes du Digital Ouest entend soutenir les femmes s’exprimant sur des métiers périphériques au numérique, mais également dans des environnements plus techniques, comme les makers qu’accompagne également la Cité de l’Objet Connecté.

Prix Femmes du Digital Ouest : le tremplin des porteuses de projets

L’illustration la plus complète de l’action des Femmes du Digital Ouest s’incarne à travers le Prix des talents que l’association décerne chaque année.

« L’objectif du Prix pour l’association est d’encourager Les femmes des Pays de Loire à entreprendre dans le numérique ». Pour Les Femmes du Digital Ouest, le Prix n’est pas uniquement un coup de projecteur éphémère, il permet d’apporter un soutien concret aux projets et aux lauréates, et de les accompagner dans le développement des leurs activités.

À cet égard, l’association a reçu de nombreuses candidatures « de très beaux projets dont certains n’avaient même pas été identifiés par les incubateurs ou les accélérateurs. »

Prix Femmes du Digital Ouest

Remise du Prix Femmes du digital Ouest au siège du CIC Ouest à Nantes

Qui sont les trois lauréates de l’Edition 2018 ?

Après la présélection du comité représentatif de l’écosystème du territoire, les 6 demi-finalistes ont pitché leurs projets ce 18 septembre lors de la grande soirée de remise de prix introduite par le talk de Célia Hodent, une des créatrices du jeu Fortnite, à l’Espace CIC, au CIC Ouest à Nantes, devant un public de 300 personnes et plus de ​1 100 via Facebook Live. Un public attentif puisque celui-ci votait en live pour désigner les lauréates des 3 catégories présentées cette année :

  • Le Prix Jeune Pousse pour promouvoir une étudiante portant un projet solo ou d’équipe. « La génération de demain est celle qui provoquera le changement de notre société et de nos entreprises. »
  • Le Prix Startupeuse : un prix portant une entrepreneuse possédant 25% des parts à minima de l’entreprise et s’exerçant dans le secteur du numérique
  • Le Prix Coup de Coeur / Digital Job Ambition, en partenariat avec la Maison de l’Emploi, vient récompenser un parcours inspirant dans le digital.

Dès 20h, le résultat des votes a été annoncé : le public a ainsi choisi 3 lauréates qui remportent un programme d’accélération et de coaching pour les accompagner dans leur projet.

Encore bravo à :

LEONIE Prix jeune pousse Femmes du Digital Ouest

Léonie Ferreira

Léonie Ferreira, étudiante à e-artsup, lauréate de la catégorie Jeune Pousse pour son projet WomenWalk

SOPHIE Prix startupeuse Femmes du Digital Ouest

Sophie Comte

Sophie Comte, lauréate de la catégorie Startupeuse pour le projet Makidoo,

Nina Prix Coup de coeur Femmes du Digital Ouest

Nina Missir

Nina Missir, lauréate de la catégorie Coup de Coeur / Digital Job Ambition.

 

Plus de mixité, c’est plus de richesse et d’innovation, c’est bien ce que témoigne le Prix Femmes du Digital Ouest à travers toutes les candidates et leurs nombreux projets innovants portés. La Cité de l’Objet Connecté suivra avec attention le parcours des lauréates et se hâte de voir les futures générations peser sur les chiffres de Syntec Numérique !