IOT grand public
5 juillet 2018

Le marché français des objets connectés à destination du grand public

Attendu comme la 4e révolution industrielle, l’IoT tend également à bouleverser le marché à destination du grand public. Comment les Français intègrent-ils ou non ces objets intelligents dans leur quotidien ? Vont-ils développer de nouveaux usages ? Quels sont les freins à l’achat ? Une étude des plus complètes a été lancée par la DGE dans le cadre du PIPAME avec le cofinancement du PICOM et du ministère des Sports et tente de faire le point sur un marché en pleine mutation. La Cité de l’objet connecté a choisi de se focaliser sur une partie de ces données au travers d’un état des lieux en une infographie.

Une technologie en phase d’adoption

Niveau de connaissance et équipement en objets connectés

En matière d’IoT, il est rare de trouver des chiffres dissociant le grand public du marché professionnel , d’où l’importance de bien définir le périmètre de cette étude. L’Idate a ainsi exclu les secteurs de l’énergie, la santé, le multimédia ou l’automobile et s’est focalisée sur des objets connectés à destination de segments de consommation courants tels que le sport, le bien-être, la maison connectée, les animaux de compagnie ou les jouets.

Si l’IoT s’intègre de plus en plus dans l’environnement avec plus d’un Français sur deux qui connait la majorité du panel de l’étude, un décalage très élevé perdure entre le niveau de connaissance de son existence et l’équipement de la population.

“Les résultats du sondage montrent également une accélération de l’adoption sur les derniers mois. Si les offres ne sont pas en accord assez mature et compréhensible pour le grand public, cela évolue positivement. L’arrivée des assistants vocaux comme AmazonEcho devrait par ailleurs frapper un grand coup dans la fourmilière avec des services connectés qui vont émerger autour et donc démocratiser un peu plus ces objets”  précise Samuel Ropert, directeur de la practice IoT au sein de l’Idate.

On distingue ainsi une typologie de consommateurs classés selon cinq groupes d’individus : en fonction de leur perception des objets connectés.

  • Les « Technophiles » qui, comme le nom l’indique, sont les plus sensibles à l’innovation technologique, sont essentiellement composés de jeunes de moins de 24 ans.
  • Les « Suiveurs » suivent les tendances lancées par le premier groupe. Plutôt jeunes (mais moins que les Technophiles), ils sont généralement en couple avec enfants.
  • Les « Réticents » sont quant à eux plus âgés (50 ans et plus). Peu équipés, ils n’ont pas l’intention d’achat en raison d’une image plutôt négative des objets connectés, dont ils ne comprennent d’ailleurs pas l’intérêt.
  • Les « Opposés » ont également une image négative et n’estiment pas en avoir besoin en raison d’une sensibilité particulière à la sécurisation des données. C’est le groupe le plus âgé avec davantage de retraités et d’hommes.
  • Les « Incertains », d’un certain âge se caractérisent par un manque de connaissance des objets connectés, sur lesquels ils ne savent souvent pas s’exprimer.

L’âge reste en tous cas un facteur déterminant au regard de l’équipement en objet connecté.

Equipement en objets connectés en fonction de l'âge

Le marché des objets connectés reste actuellement un marché de remplacement pour le grand public, l’essentiel des objets étudiés existant déjà sans fonction « connectée ». Leur adoption est ainsi logiquement lente, puisqu’elle est en grande partie liée au cycle de vie de l’objet. Pour autant, le renouvellement par un objet connecté n’est pas automatique et reste peu naturel pour les consommateurs.

Si le marché est en pleine croissance en valeur et en volume, de nombreux freins persistent

Les freins à l'achat

Les principales raisons des individus n’ayant pas de projet d’équipement se concentrent généralement sur le manque d’attrait des solutions proposées. La notion de gadget et le manque de service à valeur ajoutée restent le principal frein au développement de l’IoT sur le marché B2C. A cela s’ajoutent une relative complexité d’utilisation et un prix encore trop élevé pour des produits encore très souvent considérés comme superflus.

Si cet état des lieux nuance la perception positive des objets connectés par le grand public, une accélération de leur adoption illustre un terreau favorable. De nombreux acteurs ont d’ailleurs perçu ce potentiel et changent de stratégie en proposant une approche de plus en plus ouverte, comme par exemple Leroy Merlin avec son offre Enki ou Seb et son partenariat avec Orange.

La démocratisation de l’IoT semble ainsi passer par une sécurisation optimale nécessaire des données pour renforcer la confiance dans le numérique et l’interopérabilité des solutions permettant la connexion des appareils entre eux et aux systèmes externes.

Le marché des objets connectés à destination du grand public