innovation
5 juin 2018

L’innovation au coeur de votre réseau

Si les idées de génie deviennent des objets finis à la Cité de l’Objet Connecté, il semble intéressant de mieux comprendre la source de ces inspirations. Spécialiste en numérique, président délégué de l'Ecole Polytechnique d'Assurances, blogueur et auteur de tribunes pour Les Échos ou Forbes, Alban Jarry est un influenceur que l’on ne présente plus. C’est à l’occasion de la sortie de son cinquième livre blanc “L’accès à l’information et aux réseaux sociaux rend-il plus innovant.e ?” que nous l’avons rencontré.

L’ultra-connexion comme source d’innovation

Pour Alban Jarry, l’innovation se définit comme la capacité à imaginer puis à apporter quelque chose de différent. En étant présent dans l’univers digital et sur les réseaux sociaux, on acquiert une culture de la transformation, une capacité à faire le tri entre les éléments et à mieux maîtriser les effets de mode ou les tendances de fond. Cette exploration de l’information contribue ainsi à être plus innovant et à penser différemment.

“Je pense que plus les personnes sont connectées, plus elles recueillent d’avis différents sur une thématique et plus elles sont en capacité d’imaginer d’autres choses. Pour innover, il faut de sortir du cadre. La transformation est facilitée par le fait de s’immerger au coeur des idées et l’acquisition d’une capacité à faire le tri entre ses propres idées et celles entre-aperçues au fil des voyages numériques. Au bout d’un moment, parfois, il en ressort une idée qui est vraiment différente et qui sera le point de départ de cette fameuse innovation.”

Twitter se définit comme le réseau social leader de l’accès à l’information. L’oiseau bleu est extrêmement efficace en matière de partage d’informations. Selon Alban Jarry, il facilite les connexions en donnant accès à des médias ainsi qu’à de nombreuses personnes très différentes comme des blogueurs, experts ou dirigeants.

Alban Jarry - L’accès à l’information et aux Réseaux Sociaux rend-il plus innovant.e ?

Alban Jarry – L’accès à l’information et aux Réseaux Sociaux rend-il plus innovant.e ?

“C’est ce qui fait la force de ce réseau, c’est qu’il permet de rentrer en contact avec tout un panel de profils générateurs d’idées. Ce réseau n’a pas de frontières, le monde entier y est à portée de mains et les multiples rencontres qu’il génère créent de formidables interactions collectives.”

Si la confrontation d’idées est essentielle, il faut voir ces réseaux comme étant certes virtuels, mais aussi totalement ancrés dans le réel. Ils permettent de multiplier les échanges. Néanmoins, il faut tenir compte de ses biais : “Twitter concentre énormément de personnes connectées qui sont amenées à être en relation les unes avec les autres. Beaucoup travaillent de près ou de loin dans l’univers du digital et en s’alimentant, elles peuvent être amenées à ne focaliser que sur les sujets à la mode”.

Il y a quelques années, Twitter regroupait beaucoup de communicants. “Progressivement le réseau s’est étendu et de plus en plus d’experts sont maintenant présents et partagent de l’information à haute valeur ajoutée.Il y a ainsi une diffusion de contenus de plus en plus pertinents.

Un projet collaboratif et divergent

S’ouvrir à d’autres cultures, pour mieux appréhender l’innovation, est donc essentiel selon Alban.

“J’utilise beaucoup les réseaux sociaux pour contacter des personnes qui sont susceptibles de participer à ces ouvrages. Pour ce nouveau livre blanc, j’ai souhaité donner la parole à des personnes qui avaient déjà participées aux précédents tout en continuant d’avoir cette volonté d’élargir les points de vue et notamment en faisant appel à des contributeurs situés en Espagne, en Afrique, à l’île Maurice ou au Brésil. C’est dans la confrontation d’idées, dans leur diversité et en ayant des avis complémentaires ou divergents qu’il est possible de progresser. Ces livres blancs sont de formidables aventures humaines, ils permettent de tisser des liens avec leurs contributeurs et entre eux. Au fil des années, j’ai cherché à renforcer ces liens. “

Ce livre blanc recueille ainsi de nombreux avis et une diversité d’opinions des plus intéressantes. Certains des contributeurs sont persuadés que les réseaux et l’accès à l’information facilitent l’innovation, d’autres pensent le contraire… À l’international, les usages de ces réseaux sont probablement assez similaires :

“Nous utilisons tous ces outils très américanisés qui nous font tendre vers un fonctionnement universel. Cette force de ces réseaux balaye les frontières, réduit les distances et fait en sorte qu’un avis peut parcourir le monde”.

Parmi les différents contributeurs, Anais Bécu confirme la capacité des réseaux sociaux d’être un  facteur d’innovation en mettant en avant trois atouts essentiels : “un accès immédiat aux informations médiatiques, aux actualités et à de nombreux échanges”. Karine Lazimi Chouraqui y ajoute une stimulation de notre curiosité, quant à Julien Fallu, il pense que les réseaux sociaux nous poussent à l’action.

Le point de vue de Stéphane Girardo nuance ces propos en invitant à conserver un certain recul sur ce flux d’informations constants pour être bénéfique à la créativité. Jerome Beguin évoque même dans certains cas, une addiction contre productive : le temps que nous passons sur les réseaux sociaux nous rend toujours plus ‘’accro’’ à l’information. La conclusion de Tristan Piron nous semble des plus pertinentes : partageons, créons, communiquons sur les réseaux sociaux, en gardant à l’esprit ce qui fait notre singularité et notre valeur ajoutée, pour participer à de petites ou grandes aventures.

Du phénomène de mode à la tendance de fond ?

De façon globale, grâce aux réseaux sociaux, il est possible de voir émerger des signaux faibles. Le domaine du numérique et de l’innovation sont connus pour diffuser “des phénomènes de mode qui montent rapidement en visibilité mais qui peuvent avoir des effets de soufflés qui retombent aussi vite. Il faut faire la part des choses, entre les tendances de fond et les sujets d’actualités qui génèrent du buzz et qui sont difficilement concrétisables en ROI ou en satisfaction des besoins des clients.

Dans tous ces signaux, il faut sélectionner ceux qui apportent de la valeur et qui vont perdurer. En ce moment, par exemple, je pense qu’il faut suivre la thématique liée au déploiement des assistants virtuels qui vont entraîner la robotisation de tâches répétitives. “